vendredi 24 février 2017

Les futurs alternatifs dans Dragon Ball (Super) : tentative d'explication

En préambule à cet article, et en tant que fan de la première heure, je salue Akira Toriyama pour la cohérence générale du manga Dragon Ball. Une petite prouesse quand on connaît l'enfer des délais de la publication hebdomadaire et certaines anecdotes concernant l’exigence de son tantô (responsable d'édition faisant le lien entre le mangaka et sa maison d'édition), obligeant parfois (souvent ?) notre génialissime auteur à repenser son histoire. Ainsi et en ce qui me concerne, du tome 1 au tome 42 de Dragon Ball, le seul point fâcheux est Trunks mentionnant que les Androïdes ayant détruit son futur sont N°19 et N°20. Dont l'apparence ne convenait pas au fameux tantô, d'où la création de N°17 et N°18, blablabla... Ce détail n'a, me semble-t-il, jamais été modifié, de toutes les rééditions que le manga ait connues, sans doute car il ne s'agit pas d'une erreur à proprement parler.


Comme les plus anciens le savent, Dragon Ball aura été absent douze ans de la scène animée⁽¹⁾, de 1997 (fin de Dragon Ball GT) à 2009 avec le lancement de Dragon Ball (Z) Kai. Mais c'est en 2013 que se fera le véritable revival, avec la sortie du quatorzième film Dragon Ball Z, Battle Of Gods, censé être une suite officielle sous la houlette de l'auteur. Puis viendra un quinzième film en 2015, Fukkatsu No F, avant qu'une toute nouvelle série ne débarque l'année d'après, Dragon Ball Super. Toujours produite par Tôei Animation, celle-ci se décline également sous la forme d'un manga réalisé par Toyotarô sous la supervision d'Akira Toriyama lui-même, qui fournit également les grandes lignes de l'histoire à l'équipe technique de la série. Le contexte de publication n'est pas le même qu'à l'époque, puisque l'animé devance le manga dans le cas présent, ce dernier n'étant prépublié que mensuellement dans le V-Jump à raison d'une quarantaine de pages par mois. Ce qui ne change pas, en revanche, ce sont les épisodes filler (bouche-trous), créés ici, à l'inverse, pour ne pas trop distancer la version papier.

Ce revival Dragon Ball, que tout un chacun jugera utile ou non, n'est pourtant pas un modèle de cohérence, entre Akira Toriyama qui piétine étrangement le premier téléfilm Dragon Ball Z⁽²⁾ dans le chapitre Dragon Ball Minus de son manga one-shot Ginga Patrol Jaco, ou encore Son Gohan perdant inexplicablement sa transformation Ultimate⁽³⁾ que le manga sous-entendait (à travers le Vieux Kaiôshin) comme remplaçant celle en Super Saiyan, donc à priori définitive. Plus récemment, nous avons assisté au come-back fracassant de Trunks du futur dans Dragon Ball Super, dans un arc portant son nom (Mirai Trunks Hen) et dont le retour suscite quelques interrogations présentes et passées sur la gestion des voyages temporels dans Dragon Ball. D'autant que le Dragon World s'est depuis élargi avec la révélation sur l'existence de 12 Univers, la Terre faisant partie de l'Univers 7.

Mais mettons de côté les 12 Univers. Tout d'abord, et contrairement à ce que l'on voit dans la trilogie cinématographique Retour Vers Le Futur, il n'existe pas qu'une seule et unique ligne temporelle (ou timeline) modulable à souhait dans Dragon Ball. Une modification conséquente du passé entraîne la création d'une nouvelle timeline, soit une nouvelle réalité, nouveau monde alternatif ou nouveau monde parallèle. A travers les événements vu dans l'arc des Androïdes et de Cell, on dénombre l'existence de quatre mondes parallèles dans le Dragon World, tous répertoriés par les rédacteurs de Shûeisha dans l'ouvrage Dragon Ball Daijiten (Le Dictionnaire De Dragon Ball chez nous), septième et dernier volume de la collection Dragon Ball Daizenshû, "grande et complète", comme son nom l'indique. Attention, ça se complique ! Ces mondes, les voici :
  • Le premier est l'histoire principale telle que nous la connaissons;
  • Le deuxième est celui d'où vient Trunks, soit un monde où tous nos héros sont morts, et celui qui est précisément en danger dans Dragon Ball Super;
  • Le troisième est celui d'où vient Cell, c'est-à-dire un futur dans lequel Trunks est rentré désactiver les Androïdes avec les plans trouvés dans le laboratoire du Dr Gero, s'y faisant tuer par sa créature qui volera la Time Machine et remontera le temps pour absorber N°17 et N°18, rejoignant ainsi l'histoire principale;
  • Le quatrième découle du précédent, à savoir que s'il existe un monde dans lequel Trunks est rentré désactiver les Androïdes, il en existe un autre assez similaire au premier duquel Trunks est absent. Notez que j'émets une réserve sur les propos du livre disant que le Cell Game s'y tient, puisqu'il me semble que l'arrivée de Cell et plus précisément la découverte d'une seconde Time Machine sont les raisons pour lesquelles Trunks ne rentre pas immédiatement à son époque avec les plans.

Dragon Ball Super réintroduit donc Trunks du futur, dont le retour soulève une interrogation qu'on ne se posait pas forcément : comment a-t-il pu revenir dans cette timeline qui n'est pas la sienne ? En poussant plus loin, on aurait déjà pu se demander comment il avait pu revenir aider nos héros contre les Androïdes... voire même carrément repartir la première fois "dans son temps" après avoir donné le médicament à Gokû ! Bien sûr, il n'était pas encore établi que notre voyageur temporel avait créé une autre timeline. Akira Toriyama le fera progres-sivement en expliquant que ce qui affecte l'histoire principale ne modifie pas le futur de Trunks. Concrètement, dans Dragon Ball, on avait :
  • Trunks revenant vers le passé pour avertir nos héros de la menace Androïde et sauver Gokû d'une maladie cardiaque ; aucun problème, c'est bien "son" passé;
  • Trunks retournant ensuite vers son époque ; ça coince, il a déjà modifié le temps, donc aurait dû trouver le futur de l'histoire principale;
  • Trunks revenant donner un coup de main contre les Androïdes ; ça coince, ce n'est plus "son" passé;
  • etc...

Ainsi, il semblerait que la Time Machine, en marge de sa capacité à voyager dans le temps, puisse aussi passer d'un monde parallèle à l'autre. L'animé Dragon Ball Super ne s'attardera pas dessus, confondant par ses non-dits le futur de l'histoire principale et le futur de Trunks. En revanche, et c'est une très bonne surprise, le chapitre 21 du manga donne une explication (ou tout du moins, essaie) par l'intermédiaire de Bulma :
  • Le futur de Trunks n'est pas celui du présent de l'histoire principale;
  • Le futur de Trunks est celui d'un monde parallèle connecté au présent de l'histoire principale par une configuration initiale bien précise, incluant un délai à respecter (si 24h passent dans le présent, ce doit être pareil dans le futur);
  • Cette configuration ne doit en aucun cas être modifiée, sous réserve de perdre cette connexion et d'atterrir ailleurs;
  • La connexion s'affaiblit à chaque voyage.

Et là je dis, bravo ! Ces explications rendent un peu de cohérence aux voyages temporels de la saga, et démontrent aussi que l'équipe technique de la série animée est loin d'avoir toutes les éléments en main. Rappelons que dans celle-ci, Gokû Black apparaît dans le présent de l'histoire principale et détruit la Time Machine de Trunks, obligeant Bulma à ressortir et réparer celle de Cell. L'idée n'est pas mauvaise et témoigne d'un certain soucis du détail, mais en tenant compte des explications de la Bulma du manga, adieu la configuration initiale bien précise liant le futur de Trunks au présent. Voire même pire : si la Time Machine est connectée à son point de départ, alors Gokû et Vegeta auraient pu se retrouver... dans le troisième monde parallèle, celui d'où vient Cell !

Un autre point épineux concerne l'antagoniste de l'arc, à savoir Zamasu. Sous l'apparence "Gokû Black", Zamasu, plus précisément le Zamasu du présent, asservit le futur de Trunks, raison pour laquelle ce dernier entreprend un nouveau voyage vers le présent de l'histoire principale. Problème : le Zamasu du présent est éliminé par Beerus après que lui et Whis aient deviné ses plans. Mais alors, d'où vient ce Zamasu "Gokû Black" terrorisant Trunks  ? A quel moment met-il son plan en marche ? Pour le comprendre, il faut raisonner comme pour les troisième et quatrième mondes parallèles vus un peu plus haut, en partant du principe que Trunks a encore une fois modifié le cours normal du temps, scindant le présent en deux mondes parallèles :
  • Le premier est toujours notre histoire principale, celle où Trunks intervient à nouveau et dans laquelle Zamasu est éliminé par Beerus avant de mettre son plan à exécution;
  • Le second est le même que le précédent mais sans l'intervention de Trunks permettant de percer à jour le plan de Zamasu ; celui-ci vole le corps de Gokû en toute impunité et utilise l'Anneau Du Temps affilié au monde de Trunks pour s'y rendre et semer le chaos, s'alliant au passage au Zamasu de ce futur parallèle ; je pense qu'on peut le considérer comme le cinquième monde parallèle du Dragon World, comme en attestent les quatre Anneaux du Temps "parallèles" dont un créé récemment, selon Gowasu.


 A noter que le support papier est encore une fois plus clair que son équivalent animé :
  • Dans le manga, Zamasu apprend l'existence de Gokû lors d'une visite de courtoisie du Kaiôshin de l'Univers 7, totalement indépendante du voyage temporel de Trunks ; connaissant Gokû, Zamasu fera ses recherches (God Tube, Zunô) et mettra son plan à exécution (sans l'intervention de Trunks, cinquième timeline) ou pas (intervention de Trunks, première timeline);
  • Dans l'animé, Zamasu n'apprend l'existence de Gokû que lorsque celui-ci accompagne Beerus et Whis pour une visite de contrôle... qui n'aurait jamais eu lieu si Trunks n'était pas intervenu ; difficile dans ce cas-là d'établir clairement les deux timeline, puisque sans l'intervention de Trunks, Zamasu n'aurait "à priori" jamais connu Gokû.

Voilà pour cette tentative d'explication, qui arrive certes alors que l'arc du manga n'est pas encore terminé, mais motivée par un immense coup de coeur pour le chapitre 21 apportant des explications que je n'espérais plus. Malgré un début quelque peu laborieux, le manga de Toyotarô ne cesse de se bonifier chapitre après chapitre, devenant bien plus qu'un bête support promotionnel rushé et sans intérêt comme on peut le lire à droite à gauche, et offrant de magnifiques dessins et une histoire aussi agréable à suivre que le manga d'origine. Vivement la sortie française du premier tome prévue pour avril prochain !
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(1) Les raisons de cette absence, aucunement liée à une baisse de popularité, sont révélées dans l'ouvrage Akira Toriyama, Le Maître Du Manga, dont je recommande vivement la lecture.
(2) Akira Toriyama avait tellement aimé le téléfilm narrant la lutte acharnée et solitaire de Bardock, qu'il décida d'inclure le personnage sur deux cases du manga, lorsque Freeza note la ressemble de Gokû avec ce Saiyan qui lui tint tête.
(3) Bien que jamais évoquée à l'époque, Ultimate Son Gohan「アルティメット孫梧飯」est la dénomination officielle employée de nos jours dans les produits dérivés de la licence : cartes, jeux vidéo, etc...


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jeudi 16 février 2017

Avex Pictures bloque l'exportation de ses CD, DVD et Blu-ray [MAJ]


Si vous êtes comme moi clients des sites vpc CD Japan et Amazon Japan, vous avez sans doute reçu un mail faisant part de la décision soudaine d'Avex Pictures (filiale du groupe japonais Avex) de bloquer l'exportation de ses CD, DVD et Blu-ray, pour une raison inconnue.

C'est une nouvelle qui, en tant que collectionneur, m'attriste beaucoup. Non pas que j'aie des produits estampillés Avex en attente, mais j'espère vivement que cette restriction ne se généralisera pas dans les mois/années à venir, tant l'import est (pour ceux qui peuvent se le permettre) devenu OBLIGATOIRE pour profiter légalement de certains titres bloqués au Japon (coucou mon cher Macross)... et malheureusement pas que, vu l'état tristement dématérialisé du marché français, ses éditions physiques qui n'arrivent pas et la plupart des éditeurs qui font la sourde oreille en misant quasiment tout sur le streaming. Où sont donc les Blu-ray de Fate/stay night [Unlimited Blade Works] et Kabaneri Of The Iron Fortress ?

Difficile d'expliquer le choix d'Avex Pictures. On remarquera néanmoins que la filiale a dans ses cartons deux des plus gros succès japonais de ces dernières années, à savoir Osomatsu-san et surtout Yuri!!! On Ice, dont les volumes caracolent en tête des ventes, que ce soit en DVD ou en Blu-ray. Faut-il deviner une volonté de diffuser massivement ces séries à travers le monde, et donc d'en minimiser les pertes (pas si énormes que ça, à mon humble avis) provoquées par l'import ? Car à l'heure où j'écris ces lignes, le slogan du site officiel d'Avex Pictures (par ailleurs accessible en Anglais) n'a pas bougé : Using visual media to bring dreams, hope, excitement, and emotion to people all over the world.

Cela étant, cette hypothèse n'explique en rien le blocage des CD, qui eux ne sortent jamais ou TRES, TRES, TRES rarement.

Evidemment, on pourrait contourner cette restriction en passant par des intermédiaires, mais à quel prix ? Surtout à l'heure où Amazon Japan a établi un partenariat avec DHL pour une livraison rapide sans risque de douane.

[MAJ du 16/02/2017]

Une tentative d'explication à cette adresse.

Dans les grandes lignes pour les Anglophobes, le groupe Avex ne voudrait pas torpiller sa filiale en Asie du Sud-Est (à qui l'importation du Japon ne profite logiquement pas) et projetterait de se développer en Amérique du Nord, comme l'ont fait à priori brillamment Aniplex et Pony Canion. Cela concernerait principalement la vente de CD, les DVD et BD n'étant que des "dommages collatéraux".

Vous le sentez, vous aussi, ce doux parfum nauséeux "international = Amérique du Nord + Asie du Sud-Est" qui nous renvoie directement au manque de considération du marché Européen (et autres) du début des années 90 ? D'autant qu'il ne faudrait sans doute pas compter sur nos éditeurs pour louer l'avenir du marché de l'édition physique chez nous.

Bref, je vais continuer à espérer et prier qu'Avex reste un cas isolé, et que d'autres ne leur emboîtent pas le pas. Parce que du 100% démat' sans possibilité d'acquérir une édition physique autrement qu'en passant par un intermédiaire qui va méchamment se goinfrer dessus, merci mais non, merci.
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mardi 31 janvier 2017

Macross : vers un 35ème anniversaire chargé

Premier article publié de l'année, que je vous souhaite (juste à temps) bonne et heureuse 😃


Bref rappel des faits : Macross Delta, dernière itération en date d'une saga créée il y a plus de 30 ans par Shôji Kawamori et le Studio Nue, s'est achevé le 25 septembre dernier au terme d'une seconde partie controversée, manquant cruellement de rythme pour les uns, de mécha pour les autres, de développement des personnages pour certains, tandis que la première fut elle unanimement plébiscitée comme étant l'un des meilleurs démarrages de la licence. Sans rentrer dans un débat méritant un article à part entière, une chose est sûre : la série se termine en laissant de nombreuses questions en suspens, chose peu courante pour la saga malgré le goût prononcé pour les trolls de son maître d'oeuvre. Qui est Lady M ? Quel avenir pour le Chantre des Etoiles ? Que va faire Berger ? Quid du Megaroad-01 rejaillissant d'outre-tombe ? Et surtout, quel secret se cache derrière le pendentif de Hayate, en forme de boucle d'oreille de Sheryl ? Ok, oublions ce dernier point, ses origines étant dévoilées dans le manga Macross Delta - Kuroki Tsubasa No Shiro Kishi. Excellent complément à la série, du peu que j'en ai lu, centré sur Keith Aero Windermere et les autres Chevaliers Célestes.

Walküre Ga Tomaranai !
Nouvelle série TV Macross
Nouveaux projets vidéo

Mais revenons à nos moutons. Le week-end dernier (28 et 29 janvier) s'est tenu le second concert live des Walküre (groupe irl composé des seiyû des chanteuses fictives de Macross Delta), à l'issue duquel furent annoncées les festivités pour le déjà 35ème anniversaire de la saga, qui sera célébré en 2018. En réalité, SDF Macross datant de 1982, il s'agirait plutôt du 36ème anniversaire, mais nul doute que les producteurs souhaitent aussi coller au 10 ans de Macross Frontier, plus grand succès commercial de la licence. Bref, sont prévus une nouvelle série TV et de nouveaux projets vidéo, sous-titrés Super Dimension Films, et semblant englober divers médias comme le montre le screen un peu plus haut à droite. On peut imaginer un ou des films, mais je préfère rester prudent, surtout quand je vois "PlanetaLium". "Films" pourrait simplement désigner les nouveaux projets vidéos, tout comme "Theater" une comédie musicale - certes, "Musical" aurait été le terme employé, mais je me méfie.

Que dire sur le projet le plus concret, à savoir la nouvelle série TV ? Enfin, qu'imaginer, plutôt ? Certains espèrent un remake de SDF Macross (via une adaptation du manga SDF Macross The First de Haruhiko Mikimoto, qui est à Macross ce que MS Gundam The Origin de Yoshikazu Yasuhiko est à Gundam), personnellement je pense qu'un tel projet se fera uniquement si les producteurs ont la certitude de pouvoir sortir la série mondialement, ce qui est en l'état actuel des choses impossible. Une saison 2 de Macross Delta serait la bienvenue compte-tenu des points évoqués plus haut, mais à bien y réfléchir, je préférerai un retelling sous la forme de films, comme les formidables long-métrages de Macross Frontier dont le second a détrôné Ai, Oboete Imasu Ka et Rebuild Of Evangelion 2:22 dans mon coeur. Une suite à Macross Frontier ? J'ai beau tendrement aimer ses personnages et espérer les revoir à l'écran, force est de constater qu'il n'y a plus rien à dire sur leur histoire et celle de la flotte éponyme. La vérité sur le Megaroad-01 ? Pourquoi pas, cela justifierait le pavé dans la marre jeté à la fin de Macross Delta. Toujours est-il qu'une nouvelle série TV Macross annoncée dans la quasi-foulée de la précédente, c'est plutôt inhabituel, en espérant qu'elle bénéficie d'un budget plus confortable que Macross Delta dont les limites techniques se faisaient parfois cruellement sentir.

Macross 7
Macross Frontier
Macross Delta

Restera toujours l'éternel problème d'une licence bloquée hors-Japon et snobée par nos acteurs pro, du fait de la société américaine Harmony Gold et de sa créature de Frankenstein, Robotech. Oh, loin de moi l'idée cracher dans la soupe étant donné que c'est via ce remontage que j'ai découvert Macross, mais je trouve cela toujours scandaleux que les Américains continuent d'ignorer les véritables créateurs de la saga, même quand ces derniers leur tendent la main. On se consolera en se disant que les fans de Macross sont au final bien mieux lotis que ceux de Robotech, qui continuent de réclamer des suites qui n'arriveront jamais, bien qu'un film live soit envisagé par Sony. On se réjouira aussi de voir ce blocage partiellement contourné par l'intermédiaire d'un solide noyau de fans basés au Japon, grâce à qui les Blu-ray japonais de Macross Delta bénéficient de sous-titres anglais officiels et de qualité. Evidemment, cela n'empêche pas de se sentir quand même un brin dégoûté par la profonde inutilité de ce blocage ad vitam aeternam, Robotech se montrant incapable de perdurer sans matériel de base japonais.
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mardi 20 décembre 2016

Humeur DBesque et Seiyaesque

Tandis que le leak des magazines japonais est de plus en plus précoce, de nouvelles informations furent révélées sur le futur de Dragon Ball Super et Saint Seiya, via leurs périodiques de prédilection - respectivement V-Jump et Champion Red.

Dragon Ball Super - Arc Survie de l'Univers

Le nouvel arc majeur de Dragon Ball Super se dévoile à travers cette première illustration promotionnelle (ainsi qu'un teaser) fort à mon goût, à la fois classe et stimulante, montrant des guerriers qui en veulent. Cette Survie de l'Univers débutera le 4 février 2017, bénéficiera d'un nouveau générique de début (j'ai beau apprécier Chôzetsu Dynamic, il était temps qu'il change) et mettra en scène le fameux tournoi multi-univers proposé (pour ne pas dire dicté) par Zen'Ô à la fin de la joute qui opposa les team Beerus et Champa. Evidemment, qui dit multi-univers dit nouveaux personnages, et on imagine fort bien qu'Akira Toriyama pourra s'en donner à cœur joie dans un rôle où il excelle : celui de character-designer.

Première remarque : N°17 fait son grand retour dans la saga ! Rappelons qu'à la fin de l'arc CellPiccolo avait supposé que le jumeau de N°18 était bel et bien vivant, quelque part, ce qui fut confirmé bien plus tard lors du Genkidama final de Gokû sur Majin BooDragon Ball GT mis à part, Akira Toriyama avait fait quelques révélations sur la vie du cyborg dans la récente édition Full Color du manga : celui-ci est devenu garde forestier, marié à une zoologiste et père de 3 enfants dont 2 adoptés. A voir si Dragon Ball Super respectera cette description, ce qui semble à priori bien parti vu le brassard qu'il porte.

Deuxième remarque : Son Gohan a visiblement retrouvé son dôgi pour prendre part au combat. Sans doute une réponse aux fans qui acceptaient mal son inactivé. En ce qui me concerne, même si je l'aime beaucoup, sa mise en retrait coulait de source. Pour la simple et bonne raison qu'il n'a jamais aimé se battre et s'est toujours destiné à une carrière de scientifique. Les origines du personnage sont respectées (pour une fois, dans Dragon Ball Super) et ce n'est que le prolongement logique du début de l'arc Majin Boo, avec qui plus est une différence de taille : Son Gokû est ici bien vivant. Son fils ne devrait donc pas (plus) se sentir obligé de prendre part au combat. A voir comment ce retour sera amorcé.

Enfin, on esquissera un sourire moqueur en voyant Kuririn, Muten Rôshi et Tenshinhan dans cette "team la plus puissante de l'univers 7". Pourtant, en exploitant l'intelligence de l'ami fidèle, l'expérience du maître des tortues et les capacités martiales du vieux rival, il est possible d'en faire autre chose que de la chair à canon. En espérant qu'un test de pré-sélection ne les disqualifie pas direct. Piccolo sera aussi présent, l'occasion de le voir dans un autre rôle que celui de nounou gérant le barbecue.

Bref, en espérant que la qualité technique suive un minimum et que le scénario soit moins alambiqué que celui de l'arc Trunks du Futur, exagérément compliqué et tordu au niveau des voyages temporels.


Saint Seiya - Saintia Shô en animation

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'aura pas fallu attendre longtemps pour apprendre la nature du mystérieux projet animé Saint Seiya en cours de planification chez Tôei Animation : une adaptation du dernier spin off manga Saint Seiya - Saintia Shô, écrit et dessiné par Chimaki Kuori.

Bon, pour être honnête, les spin off Saint Seiya, c'est pas vraiment ma tasse de thé, à l'exception d'Episode G et sa "suite" Episode G Assassin, le sens de la mise en scène épique de Megumu Okada conjugué à ses dialogues éloquents ne me laissant pas de marbre. Bref, comme j'ai dit, The Lost Canvas ne m'a jamais vraiment passionné (j'ai arrêté de suivre aux alentours du tome 10), quant à Saintia Shô, j'ai aussi coupé court en voyant que le pitch initial n'était pas respecté. Enfin, si, c'est juste que les Saintia se font très vite voler la vedette par les tous puissants Gold Saints, omniprésents, reléguant les supposées héroïnes au rang de simples spectatrices se fritant de temps à autre au menu fretin d'Eris.

Adapter Saintia Shô peut sembler curieux quand on sait l'échec cuisant qu'ont été les deux séries d'OVA The Lost Canvas produites par TMS, bien reçues à l'étranger mais plutôt mal sur le sol japonais. On ne s'étonnera donc qu'à moitié devant la première affiche promotionnelle : du Saintia Shô a la sauce Araki Production. Tôei Animation a ainsi complètement snobé le style graphique de Chimaki Kuori pour reproduire celui "historique" de la série originale. Subjectivement, je ne peux m'empêcher de jubiler à l'idée des réactions qu'ont dû avoir certaines personnes en voyant cette image. Objectivement, je trouve le procédé quand même un peu dégueulasse et totalement irrespectueux envers la mangaka, qui doit malgré tout se sentir honorée, connaissant le "respect" à la japonaise. Même si on ne vas pas se mentir, je pourrai difficilement bouder mon plaisir "si" Tôei Animation y met plus de moyen que dans Soul of Gold. En tout cas, du peu qu'on le voit, j'aime assez Seiya dans sa première Cloth manga (auquel on a d'ailleurs greffé les couleurs de sa première armure dans la série originale), ainsi que Seik... pardon, Shô. Kyôko semble ok, quant à Saori, elle me rappelle un peu celle de Saint Seiya Omega quand Yoshihiko Umakoshi la dessinait bien. Bon point : pas de doré sur cette affiche !

Bon, à voir là aussi, série Tôei Animation oblige. Pour l'instant le staff est inconnu, mais vu le style, on peut tabler sur les meilleurs éléments passés et présents d'Araki Production à l'animation, comme Michi Himeno, Kyôko Chino ou encore Keiichi Ichikawa. Au final, c'est le choix des storyboardeurs / réalisateurs qui sera décisif, de même que le budget alloué au projet.

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mercredi 14 décembre 2016

Macross Delta : Mirage Fallyna, l'anti-Jenius

Premier article d'une fournée (enfin, c'est peut-être un bien grand mot, n'en ayant pour l'heure que deux en tête dont celui-ci) dédiée à Macross Delta, dernier opus en date d'un univers créé il y a plus de trente ans par Shôji Kawamori et le Studio Nue. Je m'attarderai ici sur Mirage Fallyna Jenius, l'une des héroïnes de l'histoire, et sans doute le personnage le plus controversé de la série. Tantôt adulée, tantôt décriée, que dire de la descendante des illus-tres Maximilian Jenius et Milia Fallyna ?

(Evidemment, cet article est basé sur une vision globale de la série, avec ses spoil)


Les fans le savent, le nom Jenius est intimement lié à la saga Macross. Tout commence durant la Première Guerre Spatiale (que dépeint Superdimension Fortress Macross(1), la série originale), lorsqu'un pilote d'élite des Nations Unies Spatiales (U.N.S.), Maximilian Jenius, rencontre la Zentrandi Milia Fallyna. Tout d'abord anonymement au détour d'un dogfight se soldant par la victoire de Max, puis face-à-face durant... un duel au jeu vidéo, lorsqu'une Milia micronisée s'infiltre à bord de la forteresse Macross pour retrouver et tuer le pilote chevronné qui l'a vaincue. Leur partie s'achève sur une nouvelle défaite cuisante pour la Zentradi, sa fierté la poussant à une ultime attaque frontale et directe, en vain. Résignée à mourir, l'attitude de Max lui fait alors comprendre que le sentiment qui l'animait jusque là n'était pas de la haine, mais de l'amour. Max et Milia deviendront dès lors le symbole de la conciliation entre Humains et Zentradi, concrétisée par la naissance du premier enfant interstellaire (oui, je me crois dans V), Komilia, qui sera l'aînée d'une fratrie de sept filles(2). Suivront ainsi Miracle, Muse, Therese, Emilia, Miranda et bien sûr Mylene, héroïne de Macross 7, suite quasi-directe de la série originale dans laquelle on retrouvera le légendaire couple. Lui commandant la flotte d'émigration éponyme, Capitaine du vaisseau transformable Battle 7, elle Maire du bâtiment abritant la ville de City 7. Les années ont passé (nous sommes en 2045 du calendrier Macross, soit plus de 30 ans après leur première rencontre), mais eux n'ont pas changé, que ce soit mentalement... ou même physiquement. Enfin, presque. Mais c'est un autre débat.


Ce qui nous amène à présent en 2067, pour suivre les aventures d'un nouveau membre de la famille : Mirage Fallyna Jenius. Les théories sur ses origines allaient bon train, mais il ne faudra pas attendre longtemps pour découvrir, si elle est logiquement la petite-fille de Max et Milia, que sa mère est Miranda. Eh non, ce n'est pas encore cette fois qu'on saura qui de Basara ou Gamlin Mylene a choisi. Toujours est-il que son double statut d'héritière Jenius et de co-héroïne de Macross Delta la destinait à priori à de grandes choses, tant sur le plan du pilotage (on apprendra très tôt qu'elle est membre de l'Escadron Delta protégeant les Walküre) qu'au niveau de son tempérament. Hélas, les choses ne se passeront pas tout à fait comme prévu. Si la métis Humain-Zentradi se montre plutôt bonne pilote et incisive à l'encontre de son nonchalant cadet Hayate Immelmann (lui et Mirage formant le triangle amoureux principal de la série avec Freyja Wion) durant les premiers épisodes, force est de constater qu'elle ne dévoilera aucun talent particulier par la suite (manquant même de se faire tuer sans l'intervention de son élève) pour se mettra carrément en retrait, passant une bonne partie du second cour de la série à faire la moue en voyant Hayate se rapprocher de Freyja et déséquilibrant de manière franche le triangle amoureux en faveur de la jeune Windermerienne. Pire : le développement de sa relation amoureuse avec Hayate sera potentiellement cousu de fil blanc lorsque Messer (commandant en second de l'Escadron Delta) lui reprochera de voler en recrachant le manuel de pilotage, là où son élève se montre moins expérimenté mais bien plus imprévisible à travers la Danse Immelmann(3). Et je ne parle même pas des avions transformables qu'ils utilisent à l'entraînement : VF-1 rouge pour Mirage, bleu pour Hayate. Bref, il semblait acquis qu'on assisterait à un rapprochement "aérien" entre les deux pilotes, ce qui ne fut jamais le cas(4). Frustration et déception vis-à-vis d'un personnage si prometteur sur le papier...


Et pourtant, l'esprit apaisé et la réaction "à chaud" modérée, on se met à réfléchir. A penser aux propos tenus par Shôji Kawamori lorsque le titre de la série fut révélé, son brisé signifiant que les trois composantes majeures de la saga (triangle amoureux, chanson et avions transformables) y seront traités de manière atypique. A songer à la sacralisation de la famille Jenius dans l'univers. Et si le créateur de Macross et son équipe de scénariste avaient volontairement joué sur la hype Mirage pour prendre les fans à contre-pied, briser le mythe Jenius et accoucher d'un personnage plus humain que surhumain ? Ou tout du moins, ayant plus de faiblesse que la force exigée par son ascendance ? Une prise de risque culottée aboutissant à une jeune femme qui n'a finalement rien de "génial" ni d'exceptionnel... si ce n'est sa dévotion envers ses amis et son sens du sacrifice, comme le souligne deux séquences clés vers la fin de la série : la première dans l’épisode 20, où elle supplie, excédée, Hayate et Freyja de ne pas renoncer à leur rêve respectif en les assurant qu’elle sera toujours là pour veiller sur eux, la seconde dans l’épisode 26 où l’on découvre qu’elle était la seule à savoir pour les stigmates de Freyja. Mirage déclarera alors sa flamme à Hayate, un amour qu'elle sait pertinemment à sens unique (d'autant qu'il a lui-même révélé ses sentiments juste avant), dans le seul but de pousser la jeune Windermerienne à ouvrir son cœur et déclencher l’étincelle de sa Rune pour contrer les effets du Chant des Etoiles. Ainsi, le triangle amoureux de Macross Delta, sans surprise, aura surtout été non-compétitif, à la grande différence des précédents opus de la saga. La série se termine sur Mirage observant Hayate et Freyja parcourir les cieux de Ragna, le cœur encore serré mais le regard bienveillant. Il est d'ailleurs très agréable de revoir les épisodes en ayant en tête son véritable rôle : celui de l'instructrice responsable, de l'amie fidèle, du soutien indéfectible.


Tout ceci est bien sûr à prendre suivi de la mention AMHA. Il se peut que je sois totalement à côté de la plaque et que les scénaristes aient juste complètement merdé le développement du personnage, ou que cette analyse ne soit pas pertinente du tout. Cela étant, même si Mirage est un personnage que j'ai apprécié postérieurement à la série, je souhaiterai qu'un éventuel retelling en film (comme ceux de Macross Frontier) lui offre une autre route, plus en adéquation avec les attentes initiales.

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(1) Egalement narrée dans le film-résumé Ai, Oboete Imasu ka, de manière bien plus rapide. Format oblige, Max et Milia s'y rencontrent directement sur le champ de bataille. Une curiosité que je n'ai remarquée que dernièrement : dans ce film, c'est Max qui est "macronisé" pour lutter aux côtés de Milia.
(2) Max et Milia ont également adopté une Zentradi nommée Moaramia.
(3) Nom donné aux manœuvres robotiques de Hayate sur le rythme des chansons des Walküre.
(4) Mirage affirmera le contraire dans le dernier épisode de la série, ce qui s'avère un peu frustrant car non montré, ou alors très peu, ou alors très mal, à l'écran. 
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jeudi 8 décembre 2016

L'avenir de Saint Seiya chez Tôei Animation

Nos Cosmos ne s'éteindront jamais

Un article un peu putaclic vu qu'il ne dévoile rien de nouveau, mais on m'a demandé mon avis sur la question et à vrai dire, j'envisageais déjà de renouer avec ma plume saint seiyaesque d'antan pour m'exprimer là-dessus. Kôzô Morishitachairman (président du conseil d'administration) des studios Tôei Animation, était donc récemment invité à la Comic Con Experience brésilienne de Sao Paulo. Et d'après nos confrères sud-américains, le réalisateur historique de Saint Seiya a lâché des bribes d'informations sur l'avenir de la licence, révélant ainsi que 3 projets étaient en cours de planification avec l'accord de Masami Kurumada :
  • Un film en prise de vue réelle;
  • Une série TV (ou film, mais c'est série TV qui revient le plus souvent dans les comptes rendus) en image de synthèse;
  • Un mystérieux projet d'animation, qui pourrait être diffusé en streaming.
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Comment ruiner Asgard
et banaliser le concept des God Cloths
en 13 épisodes
Bon alors, par où commencer ? J'ai beau avoir un regard très critique (dans le sens assez virulent) sur les dernières productions animées en date (entre une saison 2 de Saint Seiya Omega qui a détruit quasiment tout ce que la première a mis en place en plus de lui être techniquement inférieure⁽¹⁾, et cette purge scénaristique doublée d'une abomination visuelle⁽²⁾ qu'est Saint Seiya - Soul of Gold) et n'avoir qu'une confiance très limitée envers Tôei Animation (que j'estime pleinement responsable de la roulette russe qualitative qu'est devenu Saint Seiya en animation depuis l'échec "relatif" du film Saint Seiya - Tenkai-Hen Josô), je reste malgré tout fan, donc curieux de voir ce que ces projets vont donner... mais aussi craintif que l'appât du gain (Bandai et ses figurines Saint Cloth Myth & apparentées, entre autres) vienne à nouveau tout ruiner.

A propos du film en prise de vue réelle...

N'ayez crainte, c'est juste une vielle
comédie musicale
Je passe mon tour. C'est la grande mode actuelle au Japon (Terra Formars, Attack on Titan, Fullmetal Alchemist) mais pas que (Ghost in the Shell et Death Note aux USA), et ça ne m'intéresse absolument pas. Enfin, à l'exception des films Rurôni Kenshin que j'aimerai voir un jour tant on m'en a dit du bien, du nouveau Death Note japonais (sachant que j'avais beaucoup aimé le diptyque d'époque, un peu moins celui sur L), et du Battle Angel Alita (Gunnm) de Robert Rodriguez qui (à mon humble avis) bloque toute nouvelle adaptation animée japonaise du manga depuis que James Cameron en a acquis les droits dans les années 90. Syndrome Dragon Ball Evolution⁽³⁾... en espérant que les deux films n'aient en commun que cet aspect contractuel.

➤ A propos de la série TV (ou du film) en image de synthèse...

Je suis Sora, le maître de la Keyblade

Le projet de série TV en image de synthèse (ou le film, selon certains comptes rendus) est déjà plus intriguant, car rappelant ce que disait toujours le même Kôzô Morishita il y a quelques années à Annecy (je ne sais plus dans quel contexte, présentation du film Captain Harlock ou de Saint Seiya - Legend of Sanctuary), à savoir qu'en cas de succès du film susnommé, une série TV pourrait voir le jour. Bon, il est vrai que le long-métrage de Keiichi Satô est très beau et très chiadé, en plus d'avoir hérité d'un très bon doublage français. Il est tout aussi juste que voir certains poncifs de la saga tournés en dérision m'a particulièrement amusé. Tout comme il n'est pas faux que le combat opposant Seiya à Saga fut intense... dans sa première partie. Mais je n'ai hélas pas été transporté par l'émotion que la bande-annonce me vendait. La faute à la très belle chanson Hero, composée par le Yoshiki de X-Japan et qui, c'est un comble, ne fut disponible nulle part, ni sur la bande originale du film, ni en single. Tristesse absolue. Sans oublier les lacunes évidentes du film, bien que j'estime toujours que le réalisateur a fait ce qu'il a pu avec le temps et l'argent qu'on lui a donné, et qu'il était à la base saugrenu de vouloir caser un Sanctuaire complet dans un film d'1h30. Toujours est-il qu'il ne faut pas enlever au film sa créativité sur le plan visuel et artistique, à l'heure où l'on reproche à la licence de ne jamais prendre de risque. Qui plus est, je ne pointerai jamais du doigt un vrai réalisateur proposant "sa" vision de l'oeuvre. Bref, série TV en image de synthèse, à voir. Pour vous donner une idée, Tôei Animation coproduit la série Miraculous, les aventures de Ladybug et Chat Noir, et s'apprête à en lancer une autre plus intimiste, Kado : The Right Answer. Personnellement, je préférerai un Legend of Poséidon/Hades avec le même staff et les mêmes moyens que son prédécesseur.

A propos du mystérieux projet d'animation...

Michi Himeno 💕
Bon, on s'en doute, c'est celui qui m'intéresse le plus. Les premiers comptes rendus évoquaient clairement une adaptation de Saint Seiya - Next Dimension, mais Kôzô Morishita est en réalité resté dans le flou en précisant qu'on en saurait plus dans le courant du premier trimestre 2017, une fois que les sponsors auront donné leur feu vert. Ce qui semble être sûr, c'est qu'il souhaite garder le rythme d'une production tous les deux ans comme ce fut plus ou moins le cas depuis le revival Saint Seiya de 2002, et que Tôei Animation négocie avec Araki Production pour assurer l'animation du projet. Car même si Shingo Araki nous a quittés depuis maintenant 5 ans, Michi Himeno est toujours là, et a produit de très belles séquences sur les Pachinko Saint Seiya qui se sont succédé ces dernières animées, assurant l'animation des storyboard de Noriyo Sasaki. Les comptes rendus font aussi état d'une vidéo proposant des séquences clés de la saga du Sanctuaire réanimées en HD et accompagnées de ses légendaires génériques, hors je pense sincèrement qu'il s'agit juste d'une compilation des animations produites pour les Pachinko.

Michi Himeno 💓
Certains se basent là-dessus pour supposer que le projet sera un remake de la série voire un Saint Seiya "Kai". Si un remake ne me parait pas impossible suivant la mouvance Pretty Guardian Sailor Moon Crystal (bien qu'il y ait de la marge entre réadapter 15 tomes d'un côté, 28 de l'autre), j'exclus catégoriquement la possibilité d'un Saint Seiya "Kai", tant les trames du manga et de l'anime diffèrent sur de nombreux points (surabondance de personnages inédits parasitant l'arc pré-Sanctuaire, lien intime entre Poséidon et Asgard...), ce qui ne contribuerait qu'à saccager davantage les libertés scénaristiques d'époque. Certes, avec l'expérience, nous avons tous appris qu'un des buts ultime de Tôei Animation semble être de repousser encore et toujours les limites du pire. En tout cas please, pretty please, pas de Saint Seiya - Soul of Gold saison 2 si c'est pour insérer une nouvelle intrigue à la pelleteuse dans la trame principale et confier l'animation à des stagiaires payés au lance-pierre - quoique non, d'après un spécialiste du milieu, Tôei Animation serait apparemment le studio qui choirait le plus ses animateurs. Les trois du fond qui ricanent, la ferme.

T'étais pas censé ne jamais dire
adieu et ne jamais t'arrêter, toi ?
Que dire d'autre pour être complet ? Kôzô Morishita aurait aussi révélé que Tôei Animation fait passer le créatif avant le lucratif (j'ai, personnellement, toutes les peines du monde à y croire), et qu'une suite au film Saint Seiya - Tenkai Hen Josô n'est pas à exclure, même si rien n'est prévu pour le moment, Masami Kurumada trouvant le ton du film trop adulte. Bon, d'une je suis en total désaccord avec l'auteur sur ce point là, de deux je pense que cette déclaration n'est que de la langue de bois. Et quand bien même le film aurait une suite (probabilité déjà proche du néant absolu), il faudrait réunir à nouveau les conditions d'époque pour en maintenir la qualité, ce qui, bien que possible malgré le décès de Shingo Araki, demanderait un investissement conséquent... et de sérieuses garanties vu la débâcle passée.

Voilà, c'est tout. Alors bien sûr, je n'ai pas sorti tout ça du chapeau, les sources sont multiples : forum SaintSeiyaPedia, comptes rendu rapportés sur Facebook (Taizen Saint Seiya, tumblr Saint Seiya History), etc... Merci à tout ceux qui se reconnaîtront, donc 😇

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⁽¹⁾ Yoshihiko Umakoshi, character-designer et superviseur de l'animation de la saison 1, avait déclaré avoir simplifié le design des Cloths en vue de facilité le travail des animateurs. Ainsi, le retour des Cloths massives dans la saison 2 était voué à l'échec sur le plan technique. Précisons que le staff principal de la saison 1 (le réalisateur Morio HatanoYoshihiko Umakoshi et la scénariste Reiko Yoshida) n'ont pas rempilé sur la saison 2, officiellement car ils étaient engagé sur d'autres projets, officieusement car le planning de production de la série était catastrophique. Juste avant la fin de la saison 2, le coloriste historique de la licence, Kunio Tsujita, avait déclaré sur son Twitter ne pas vouloir se rendre à la fête de fin de production de son dernier travail (Saint Seiya Omega), estimant que les producteurs travaillaient de manière déplorable.

⁽²⁾ L'édition Bluray a malgré tout permis de corriger un grand nombre de plans. Attention à ne pas vous tromper en cas d'investissement, car AB a commercialisé les deux versions dans l'hexagone, la bonne étant celle-ci.

⁽³⁾ Dans son ouvrage Akira Toriyama - Le maître du manga, Olivier Richard révèle que l'achat des droits de Dragon Ball par la Fox pour le grand écran a bloqué toute nouvelle adaptation animée de la licence jusqu'à la sortie du long métrage américain, raison pour laquelle il a fallu attendre de longues années avant de revoir du Dragon Ball en animation télévisuelle ou cinématographique. 
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lundi 7 mars 2016

Macross FB7, un projet vraiment sans intérêt ?

Macross FB7 (flashback seven) fut la dernière étape dans mon initiation aux suites de la série Chôjikûyôsai Macross (Super Dimension Fortress Macross), après l'OVA Macross Zero, la série et les films Macross Frontier et tout Macross 7, sachant que je connaissais déjà le magnifique long-métrage Ai Oboete Imasu ka (Do You Remember Love ?) et l'excellente série d'OVA Macross Plus. Et que je ne compte pas m'impliquer pour l'instant dans Macross II.

Macross, c'est une très grande saga de science fiction (tombée dans la déchéance pour certains vieux briscards de la japanime) dont la particularité est d'associer trois composantes majeures (avions transformables, triangle amoureux et chanson) sur fond de découvertes sur les origines de l'univers, mais qui n'a hélas pas la popularité qu'elle devrait revendiquer en occident, du fait du blocage des droits hors Japon par la société américaine Harmony Gold. Qui, je le rappelle, avait remonté à l'époque de nos jeunes années la série originale Super Dimension Fortress Macross avec deux séries du même producteur pour créer la saga Robotech. Enfin, techniquement, il ne s'agit pas d'un blocage à proprement parler, Harmony Gold a juste déposé, entre autres, le terme Macross à l'international (Ai Oboete Imasu ka, Macross II et Macross Plus furent exploités juste avant), après avoir constaté que les Japonais continuaient de faire vivre leur création. S'il n'y a rien d'illégal en pratique (les défenseurs d'Harmony Gold diront que les Japonais auraient du le faire avant, et ils auront raison), moralement et légitimement, c'est un peu beaucoup du vol de propriété intellectuelle faisant que pour exporter leurs séries à l'étranger, les Japonais devraient soit modifier de nombreux termes (dont le titre), soit passer par ceux qui les ont déjà poignardés dans le dos. On conçoit leur réticence sur ce coup-là, tout comme on comprend que de nombreux fans détestent, non pas Robotech, mais Harmony Gold. Car contrairement à Robotech qui est au point mort depuis un bon bout de temps (un film live est prévu... depuis les années 90), Macross accueille régulièrement de nouveaux opus, dont le dernier en date, la série Macross Delta, débutera dans un peu moins d'un mois.


Mais revenons-en à Macross FB7. Il s'agit d'un long-métrage d'1h30 produit en 2012 pour célébrer conjointement 30ème anniversaire de la saga Macross et 15ème anniversaire de la série Macross 7, tristement réputée chez nous pour avoir fait l'objet d'un article assassin plutôt injuste dans les pages d'un vieux numéro du magazine Animeland. Le film commence lorsque, discutant du légendaire groupe de rock Fire Bomber jusqu'à presque remettre en cause leur existence, Ozma Lee et Bobby Margot (personnages de Macross Frontier, appartement à la société militaire privée du SMS) rencontrent une bien étrange créature laissant derrière elle un mystérieux objet - en fait une VHS. Après avoir contacté Luca Angeloni pour dégoter la technologie capable de la lire (qui a dit Cowboy Bebop ?), ils se rendent vite compte qu'elle retrace l'histoire des Fire Bomber à travers celle de Macross 7. Evidemment, cette découverte attirera de nombreux curieux, à savoir d'autres personnages bien connus de Macross Frontier, dont Ranka Lee (normal, tout ce petit monde squatte chez elle et son frère) et Sheryl Nome. De nombreuses VHS se succéderont ainsi, toujours apportées par cette mystérieuse créature qui semble liée à l'histoire des Fire Bomber. Voilà, vous l'aurez compris, il s'agit avant tout d'un résumé en image de Macross 7, agrémenté de quelques séquences animées inédites mettant en scène les personnages de Macross Frontier. Du bon gros meta comme la licence sait si bien le faire, à priori dénué d'intérêt.


Alors évidemment, le gros fan de Macross Frontier (et plus particulièrement de Sheryl) que je suis pourrait se contenter de dire que c'est trop génial parce qu'il y a des séquences inédites, et aussi et surtout parce que Sheryl est top sexy à la fin, lors du puissant medley Nyan Nyan Fire ! Totsugeki Planet Explosion durant lequel elle interprète, aux côté de Ranka, les plus gros tubes des Fire Bomber, de Planet Danse à Dynamite Explosion, en passant par l'incontournable Totsugeki Love Heart. Et pourtant, ce long résumé contient quand même 2-3 éléments qui ont leur importance :
  • On apprend qu'il n'y a plus aucune nouvelle de la flotte du Macross 7 (et donc des Fire Bomber) depuis leur victoire sur les Protodeviln. Max aurait donc coupé tous les ponts avec l'UNF lorsque celle-ci a ordonné une attaque suicide sur la planète Varauta, se sentant, de son propre aveux à Milia, désavoué par ses supérieurs.
  • SPOIL On devine bien assez tôt que l'étrange créature apportant les VHS à Ozma n'est nul autre que Gavil, l'un des principaux antagonistes Protodeviln de Macross 7. Le final de la série m'avait quelque peu laissé sur ma faim avec ce personnage, car contrairement à son acolyte Gigile qui bénéficie d'un développement assez exceptionnel, Gavil reste une pourriture du début à la fin, où il ne fait que suivre bêtement son maître. Macross FB7 lui permettra de faire un peu amende honorable, en s'assurant qu'Ozma et les autres n'oublient pas l'exploit passé des Fire Bomber, laissant ainsi penser qu'il a lui aussi compris le désir de Basara.
  • Même si on le sait déjà depuis l'OVA Macross Dynamite 7, j'aime à penser que les images finales de Basara montrent qu'il voyage toujours de planète en planète pour faire écouter sa musique. La jeune fille au bouquet n'étant jamais bien loin ;)


Concernant Sheryl, j'ai bien failli dire que j'ai été déçu de n'avoir aucune explication quant à ses points communs avec Basara : même catchphrase, même souhait ultime en tant que chanteuse - du moins dans Sayonara no Tsubasa. Ranka lui fait bien remarquer le premier point, mais elle élude la question. Finalement, un simple plissement d'yeux au moment où Basara entonne son dernier chant me conforte dans l'idée que ce dernier l'a inspiré, d'une manière ou d'une autre. D'ailleurs, si Gavil lui a confié une des VHS, j'imagine que ce n'est pas pour rien.

Ma dernière remarque concernera Ranka : ses 1 2 3 4 à répétition juste avant le medley final renvoient directement à Lynn Minmay lors de générique de fin de Ai Oboete Imasu ka. C'est là qu'on réalise qu'avoir quelqu'un comme Shôji KAWAMORI à la tête de tous les projets Macross est un gage de qualité certain.

Cet article sur Macross FB7 touche à sa fin. Bien que je conçois tout à fait que cela fasse un peu juste pour célébrer un anniversaire, ce film reste pour moi un bel hommage à Macross 7 et à ses personnages, se permettant même de corriger (ce que je considère être) une petite lacune de la série. Au final, qu'est-il advenu de la flotte du Macross 7 ? Ont-il fini par trouver une planète habitable ? Un semblant de réponse viendra peut-être de la future série Macross Delta, dont l'un des principaux protagoniste sera Mirage Fallyna Jenius, petite-fille des pilotes d'élite Maximilian Jenius et Milia Fallyna, respectivement commandant du Macross 7 et maire de City 7. Donc peut-être la fille de Mylène ? Et de...
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