mercredi 12 avril 2017

Dragon Ball : et le tome 43 fut !


Le 5 avril dernier marquait la sortie française du premier tome de Dragon Ball Super chez son éditeur historique Glénat, autrement dit ce fichu tome 43 qu'on n'a jamais eu à l'époque, mais dont, je suis sûr, beaucoup rêvaient secrètement. Oh, allez, même si les transformations, fusions et autres absorptions incessantes et excessives de l'arc Majin Boo pouvaient être perçues comme une forme de lassitude autoparodique d'Akira TORIYAMA, vous n'auriez sans doute pas craché sur un peu plus de Dragon Ball en manga.

➥ De Dragon Ball à Dragon Ball Super
Petit rappel pour les plus jeunes qui n'ont pas eu la chance de connaître "l'âge d'or" : le manga Dragon Ball s'achevait début 1995 dans les pages du Weekly Shônen Jump, totalisant 42 tomes au format tankôbonDragon Ball Z se concluait un an plus tard au bout de 291 épisodes (444 en comptant Dragon Ball sans le Z), tandis que Dragon Ball GT rallongeait la sauce à sa manière jusqu'à fin 1997. A partir de là, Son Gokû disparut purement et simplement de la scène animée une bonne décennie durant, non par manque de popularité vu les produits dérivés (figurines, jeux vidéo, cartes) qui s'écoulaient toujours par palette, mais à cause d'un navet américain en gestation. Il faudra attendre 2008 et le 40ème anniversaire du Weekly Shônen Jump pour voir un épisode spécial pointer timidement le bout de son nez, puis 2009 pour une "remastérisation" HD de Dragon Ball Z, expurgée de ses épisodes filler et d'une partie de sa violence : Dragon Ball Kai, ou Dragon Ball Z Kai en occident. Arrivèrent peu après les vraies suites de Dragon Ball Z, scénarisées par Akira TORIYAMA lui-même : les films Battle Of Gods et Fukkatsu No F, élargissant les horizons du Dragon World, et dont le succès poussa Tôei Animation, Shûeisha et Akira TORIYAMA, à relancer la poule aux oeufs d'or à la fois sous la forme d'une nouvelle série animée et d'un manga. Ainsi naquit Dragon Ball Super, dont Akira TORIYAMA écrit les grandes lignes de l'histoire pour les deux supports, et avec TOYOTARÔ aux commandes de la version papier. Un fan comme vous et moi, déjà connu pour ses dôjinshi sous le pseudonyme TOYBLE.

➥ Une suite revenant en arrière
Etrangement (mais pas trop, compte tenu des traits ridés de certains personnages), Dragon Ball Super ne tient pas compte des derniers chapitres de Dragon Ball prenant place 10 ans après la défaite de Majin Boo. L'histoire ne reprend ici que quelques mois après la victoire finale sur le djinn (sans que les pages citées précédemment soient mises au placard, même s'il subsistera un problème de date) et commence par adapter les événements vus dans les films Battle Of Gods et Fukkatsu No F. Son Gokû et ses amis goûtent à une paix retrouvée, mais deux nouveaux personnages venant d'une lointaine planète troubleront cette quiétude : Beerus, affublé du sympathique qualificatif de "dieu de la destruction" et craint par les Kaiô(shin) eux-mêmes, et Whis, son serviteur. Ces derniers jetteront les bases des nouvelles aventures des Guerriers Z en leur révélant l'existence de 12 Univers distincts, le Dragon World tel que nous le connaissons faisant partie du septième. Que réserve les Univers restant à nos héros ?

 Des débuts expéditifs...
Je commence par là car c'est sans doute le gros bémol de ce tome 1, donnant du manga une image de "simple support promotionnel de l'anime" quelque peu faussée : les premiers chapitres sont bourrés d'ellipses. La partie terrestre de l'arc Battle Of Gods est ainsi expédiée en quatrième vitesse, tandis que les événements de Fukkatsu No F sont tout simplement résumés sur une seule page. Pourquoi ? Comment ? Il faut savoir que le manga et l'anime ont débuté quasi-simultanément, à quinze jours d'intervalle, et que quand Fuji TV diffuse quatre épisodes de 20 minutes par mois, TOYOTARÔ lui ne réalise (ou plutôt "ne réalisait" car le nombre a depuis doublé) que 20 pages de l'histoire. Ainsi, il y a fort à parier que ce dernier, soutenu par Akira TORIYAMA, fusse obligé de sacrifier les premiers chapitres pour ne pas se faire larguer par l'anime, et pouvoir adopter un meilleur rythme pour la suite. D'ailleurs, ce n'est sans doute pas un hasard si ce premier tome s'intitule "Les guerriers de l'Univers 6", préférant donc s'attarder sur la suite.

➥ ... mais une vrai filiation
Pour contrebalancer le défaut précédent, le point fort du manga, malgré quelques ratés disséminés ça et là, est la fidélité quasi-religieuse du style de TOYOTARÔ envers celui d'Akira TORIYAMA. Une ressemblance troublante au niveau du trait et de la mise en page faisant que le maître adoubera sans hésitation le jeune mangaka (sans doute la meilleure idée qu'il ait eue ces dernières années), et qui nous permet d'enchaîner sans problème le tome 42 de Dragon Ball et ce premier tome de Dragon Ball Super, simple et agréable à lire, sans qu'on ne perde un temps fou à décrypter l'action comme dans certains shônen récents aux combats proprement illisibles - coucou Naruto. Il en a fait, du chemin, celui qui se contentait, dans ses tous premiers dôjinshi, de recopier les cases du maître en changeant juste quelques détails physiques et vestimentaires.

➥ Humour d'un jour, humour pour toujours
Que serait donc Dragon Ball sans l'humour qui a contribué au succès des aventures de Son Gokû ? Dragon Ball Super n'est pas en reste, mais contrairement à l'anime qui multiplie les gags lourdingues tout en insistant sur la bêtise crasse de notre héros (qui n'était quand même pas si stupide à la fin de Dragon Ball), le manga dose le comique de manière plus subtile, plus intelligente. En ce qui me concerne, c'est les dessins humoristiques séparant les chapitres que j'ai le plus apprécié et qui m'ont le plus fait rire, l'autodérision dont y fait preuve TOYOTARÔ étant un beau reflet de son humilité.

➥ Et la version française ?
A l'heure où les nouvelles traductions de Ghost In The Shell et Gunnm laissent perplexes, on sera plus qu'heureux de retrouver la traductrice historique de Dragon Ball (depuis l'édition Deluxe en coffrets) sur Dragon Ball Super. Rien à redire à ce niveau-là, d'autant que tous les bonus du tome 1 japonais sont conservés et traduits, comme par exemple l'interview croisée des auteurs en fin de tome. Pour le reste, Glénat a tout fait pour respecter au mieux la maquette japonaise, à l'exception d'un détail dont je ne me suis moi-même rendu compte que dernièrement : le lettrage de la couverture carton japonaise (sous la jaquette) rend scrupuleusement hommage à la première édition du manga. Un détail plus qu'appréciable qui aurait peut-être mérité d'être reproduit sur le tome français, vis-à-vis de l'édition Deluxe.

➥ Le mot de la fin
Soyons honnête : dans la mesure où je connais la suite du manga, mon avis est sans doute quelque peu faussé. Je pense qu'un certain nombre de lecteurs regardant uniquement l'anime et/ou ne suivant pas la publication japonaise pourront difficilement prendre au sérieux ce tome, de par les ellipses ruinant quelque peu sa narration. Me mettant à leur place, je fus moi-même déçu à l'époque de la prépublication. Et pourtant, sans spoiler, je ne peux que leur conseiller, vous conseiller, de ne surtout pas vous arrêter aux premiers chapitres, qui ne sont aucunement représentatifs de la suite du manga, tant les progrès de TOYOTARÔ seront qualitativement et quantitativement fulgurants. Rendez-vous en juillet pour le tome 2.

P.S. : Notez le chapitre bonus expliquant la reconstruction de la planète de Kaiô, une "absence" un poil critiquée dans l'anime; pas mal pour "un simple support promotionnel" de ce dernier, non ? 😉

P.S. 2 : Vous pouvez compter sur moi pour défendre le manga bec et ongle face à ceux qui le traiteront de "simple support promotionnel de l'anime"; une insulte qui me filerait limite des boutons 😏
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mardi 6 décembre 2016

Final Fantasy - Trading Card Game Opus 1

Me voici reprenant la plume pour parler un peu du Final Fantasy - Trading Card Game (ou tout du moins, de l'aspect collection de ce nouveau jeu de cartes à collectionner), sorti fin octobre dans nos vertes contrées mais existant depuis quelques années déjà au Japon. Edité par Square-Enix et distribué en France par Abysse Corp, celui-ci est disponible à la vente dans les chaînes de magasin Micromania, Fnac, Cultura, Cora, Leclerc, Auchan & Toys R Us, ainsi que dans certaines boutiques spécialisées listées ici. Les cartes de cette part 1 (nommée Opus 1) sont distribuées en starter set (entre 14 et 16€) et booster pack (entre 4 et 5€), éventuellement booster box de 36 packs, sachant que j'ai trouvé la mienne la Cultura.

Les starter set sont au nombre de 3, chacun dédié à un épisode emblématique de la saga : Final Fantasy VII, Final Fantasy X, Final Fantasy XIII. Chaque starter contient 50 cartes (ainsi qu'un dépliant des règles & tapis de jeu), dont seulement 20 différentes, et sur ces 20 x 3 = 60 cartes, 30 sont exclusives à ce mode de distribution et ne se trouvent donc pas dans les packs - ou du moins, pas sous leur forme normale. Pour les distinguer, leur numérotation est de type 1-XXXS. Ces starter ne contiennent aucune carte "spéciale", ce qui m'avait un peu refroidi lors du déballage.


C'est un peu plus compliqué pour les packs, car ces derniers offrent pas moins de 402 cartes différentes, réparties en 4 niveaux de rareté :
  • Cartes communes 1-XXXC : 78 cartes;
  • Cartes rares 1-XXXR : 68 cartes;
  • Cartes héroïques 1-XXXH : 34 cartes;
  • Cartes légendaires 1-XXXL : 14 cartes.

Nous sommes loin du compte, n'est-ce pas ? Car il existe une cinquième rareté englobant les quatre degrés ci-dessus (186 cartes) + les 30 cartes exclusives aux starter : les cartes premium, au rendu métallique. Ainsi, toutes les cartes de la collection (C, R, H, L, S) existent en version normale ou premium. Sachant que la répartition dans les packs de 12 cartes se fait de manière suivante :
  • 7 cartes communes;
  • 1 carte premium;
  • 3 cartes rares;
  • 1 carte héroïque ou légendaire.


En résumé, la collection totale Final Fantasy - Trading Card Game Opus 1 se compose de 216 cartes numérotées 1-001 à 1-216 (de 1-001 à 1-186 via les packs, puis de 1-187 à 1-216 via les starter), chacune existant dans sa version premium, soit au total 432 cartes... pour les collectionneurs les plus acharnés.


Pour ceux qui hésitent à prendre une box (entre 130 et 160€, quand même), voici ce que la mienne m'a donné en terme de répartition :
  • 78/78 cartes communes;
  • 60/60 cartes rares;
  • 29/34 cartes héroïques;
  • 7/14 cartes légendaires;
  • 36/216 cartes premium.


Aucun double parmi les cartes héroïques, légendaires et premium. Pour ce qui est de la mention "Un pack peut contenir 2 cartes identiques" au verso des sachets, cela ne m'est jamais arrivé en 36 packs, à l'exception d'un contenant à la fois une carte classique et sa version premium.

Qualitativement les cartes sont au top, surtout en comparaison des "JCC" et des piètres "Super JCC" Dragon Ball : très bonne impression, carton rigide, verso mat avec le logo Final Fantasy TCG en surimpression, nom du dessinateur... car bien évidemment, les visuels reprennent personnages et invocations d'un peu tous les Final Fantasy, sous forme illustrée ou en rendu CG. On retrouve même les protagonistes du très récent Worlds of Final Fantasy. Mon seul regret est qu'il n'y ait aucune distinction entre les quatre principales raretés, qui sont toutes des "regs" normales, à la différence des premium bénéficiant d'un effet métallique "foil". Après, je pense qu'il est utopique de vouloir toutes les collectionner, donc personnellement je me contenterai des cartes normales. A savoir qu'il me manque donc 12 : 5 héroïques et 7 légendaires.
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